La ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, et la maire Anne Hidalgo ont lancé un appel identique à ne pas acheter de livre au géant de la vente sur internet Amazon : « Amazon c’est la mort de nos librairies et de notre vie de quartier »



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« Les libraires insistent : le “click and collect” ne suffit pas. “Le click and collect n’est pas intéressant économiquement. Pendant le premier confinement, il a représenté peut-être 10 à 15 % de chiffre d’affaires par rapport à notre activité normale”, explique un libraire de Mont-de-Marsan. »



Photo : Par SudOuest.fr avec AFP.


« Les libraires insistent : le “click and collect” ne suffit pas

» “Le click and collect n’est pas intéressant économiquement. Pendant le premier confinement, il a représenté peut-être 10 à 15 % de chiffre d’affaires par rapport à notre activité normale”, explique un libraire de Mont-de-Marsan.

» Les libraires, autorisés à vendre sur leur seuil des ouvrages réservés par les clients (“click and collect”), insistent : cela ne suffit pas, et ils ont besoin de rouvrir.

» La baisse des tarifs postaux pour les envois des librairies, annoncée lundi par la ministre de la Culture Roselyne Bachelot, n’a pas convaincu.

» “C’est la Poste qui faisait la marge, et cela va un peu changer. Mais le click and collect n’est pas intéressant économiquement. Pendant le premier confinement, il a représenté peut-être 10 à 15 % de chiffre d’affaires par rapport à notre activité normale”, estime Michaël Jay, directeur de la librairie Lacoste à Mont-de-Marsan.



» “Très contraignant”

» “Cela mobilise autant de personnes que si le magasin est ouvert. On le fait parce que ça permet de garder le lien, parce qu’on apporte un service aux gens qui nous font confiance. Et que c’est aussi de la communication”, ajoute-t-il.

» “Le click and collect n’est pas suffisant économiquement et c’est très contraignant”, confirme Marie-Rose Guarniéri, de la librairie des Abbesses à Paris (18e). Elle raconte :

» “On est une petite structure : je n’ai pas un service avec du personnel qui s’occupe de la vente en ligne. On prend tous les messages par mail, par téléphone, on prépare les colis, on fait les commandes”. Or tous les libraires le savent, un client venu acheter un livre peut repartir avec trois sous le bras. “C’est ça aussi une librairie : c’est pouvoir entrer, circuler et découvrir ce qu’on n’attend pas”, selon Marie-Rose Guarniéri.



Denis Mollat déplore des règles “qui ne tiennent pas la route”. © Crédit photo : Archives AFP.


» Soutien des écrivains

» Cette librairie avait invité lundi après-midi l’écrivain Sylvain Tesson à une opération baptisée “Rallumez les feux de nos librairies”, où il a symboliquement allumé les lumières de ce petit commerce de Montmartre.

» L’auteur de Dans les forêts de Sibérie et La Panthère des neiges a expliqué à la presse son incompréhension face aux mesures sanitaires qui interdisent aux librairies de fonctionner normalement : “Les librairies n’étaient pas vraiment un foyer d’infection putride qu’il faudrait fermer”.

» “Je me propose de faire signer mes livres pour la Noël, et éventuellement d’aller les porter, dans le périmètre naturellement imparti. Après avoir mis ma muselière et m’être désinfecté les mains avec de la vodka de Biélorussie, j’irai porter mes exemplaires et ceux des autres, dans le quartier, le voisinage”.

» Le romancier Philippe Claudel, membre de l’Académie Goncourt, a lancé une autre idée. “Libraires, de grâce, désobéissez ! Ouvrez vos librairies, à toutes et à tous, dans le respect des gestes barrières et des précautions sanitaires, afin que la culture prenne la place qui lui revient, et que l’ignorance ne tue pas davantage que n’importe quel virus”, a écrit l’auteur des “Âmes grises”. Son éditeur, Stock, a précisé qu’il allait “reverser les droits de son dernier livre aux libraires”.



» Des maires ont pris des arrêtés

» Des maires comme celui de Dijon, François Rebsamen, ont pris des arrêtés pour autoriser les librairies à ouvrir. Anne Hidalgo, à Paris, s’y est refusée en revanche, dans une ville qui compte 550 librairies indépendantes : un tel arrêté, “parce qu’il aurait été illégal, aurait mis les libraires en difficulté”, a-t-elle souligné lundi devant la librairie des Abbesses.

» Elle et Roselyne Bachelot ont lancé un appel identique à ne pas acheter de livre au géant de la vente sur internet Amazon. “Amazon c’est la mort de nos librairies et de notre vie de quartier”, a affirmé la maire. “Amazon se gave, à nous de ne pas les gaver”, considère la ministre.

» La Société des gens de lettres a mis la réouverture de “l’ensemble des points de vente de livres sur tout le territoire” comme mesure numéro un parmi les dix qu’elle considère comme “vitales pour les auteurs”. Cette association de défense des écrivains rappelle que “70% des achats de livres sont réalisés dans des librairies et points de vente physiques”. »


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